Mind Playing, Mind Gaming et Mind Fucking

Avant toute séance toute personne qui est dans le playing va chercher à se connecter sur la personne avec qui il va jouer. il cherchera aussi une réciprocité dans cette connexion, c’est-à-dire que tous les deux se connectent l’un avec l’autre. Une fois cette connexion réalisée, le jeu pourra commencer. Cette connexion fait partie de la séance BDSM.

Il existe deux façons de jouer dans le BDSM : physiquement ou mentalement, on peut indifféremment jouer sur l’un ou l’autre, ou sur les deux.

Seul le jeu mental sera développé dans cet article.

Dans un article précédent, les formes de pouvoirs ont été développées. Il y a le pouvoir sur, le “pouvoir de” et le pouvoir pour. Il est possible de faire une analogie avec le Mind (le mental, l’esprit) :

  • le “pouvoir sur” → Mind Fucking

  • le “pouvoir de” → Mind Gaming

  • le “pouvoir pour” → mind Playing

Il faut toujours garder à l’esprit que le BDSM est tabou, qu’il n’entre pas dans les normes de nos sociétés, de nos religions, de nos cultures. En France, nous sommes ancrés dans une société judéo-chrétienne qui ne comprend pas les attirances BDSM.

De ce fait, on retrouve donc dans le BDSM, des personnes qui sont rejetées de la société par leur comportement ou leur esprit, parmi ces personnes ont trouve des personnes réellement BDSM, mais des personnes aussi malades mentalement : les pervers narcissiques, les psychopathes, et plus généralement les personnes ayant des traits antisociaux et une tendance manipulatrice.

Comment jouer sur le mental ?

Dans le BDSM, les techniques de manipulation, de persuasion ou d’influence peuvent se retrouver dans les jeux mentaux, dans le Mind.

Dans un cadre du BDSM, il s’agit d’une tentative de déstabiliser, de confondre, d’influencer ou de manipuler l’esprit mentalement de votre partenaire de jeu, dans le but de libérer des endorphines et de l’adrénaline.

La recette elle-même est assez simple … cependant, si les ingrédients ne sont pas correctement mélangés … les résultats peuvent être désastreux. Les ingrédients clés : la confiance, le consentement, etc.

L’esprit humain est pour la plupart encore un mystère, à la fois dans ses mécanismes physiques et fonctionnels. Nous ne savons pas pourquoi nous aimons certaines choses plus que d’autres, nous ne savons pas pourquoi certaines personnes ressentent des émotions similaires et d’autres ont des réactions tout à fait différentes face aux mêmes situations. Mais la psychologie, la neurologie ont expliqué comment le cerveau gère ces processus et nous ont permis de gérer, de changer, même d’influencer nos réactions et nos émotions.

Nous avons tous une perception de nous-même – et du monde qui nous entoure. Ces perceptions sont faites à partir de nos expériences, de nos évolutions, de nos relations, etc. Ce qui peut être effrayant, c’est la fragilité de ces perceptions, et avec quelle facilité elles peuvent être manipulées, voire détruites.

Mind Fucking

Le Mind fucking est une manipulation psychologique.

Les individus dominants toxiques, tels que les pervers narcissiques, les psychopathes, et plus généralement les personnes ayant des traits antisociaux et une tendance manipulatrice, peuvent faire subir aux autres les pires sévices psychologiques, simplement en prenant comme paravent que ce sont des personnes Tops, Dom ou Maitre/sses. Ce que peuvent faire, ce que font ces personnes-là se regroupent sous le terme mindfucking.

Malheureusement de nombreuses personnes soumises sont victimes de tels individus, sans même le savoir, pour la simple et bonne raison que leur stratégie de manipulation consiste précisément à faire croire que le problème vient de la victime et qu’il n’y a pas d’abus psychologique ! Un cercle vicieux, dont il est très difficile de sortir.

En fait, les individus dominants dits “toxiques” utilisent une foule de stratagèmes psychologiques pour asseoir leur contrôle sur les autres. Même si certains de ces comportements peuvent être adoptés inconsciemment par des personnes “saines”, la grande différence est que les pervers narcissiques font un effort conscient pour manipuler autrui, et deviennent du même coup des experts dans ce domaine.

Une liste de 9 comportements qui peuvent aider à reconnaître, à comprendre, mais surtout à désarmer les personnes dominantes dites « toxiques » et à reprendre le contrôle de soi :

1. Le gaslighting (ou gas-lighting)

Le  »gaslighting » est une tactique de manipulation mentale qui consiste à déformer ou à fausser le récit des événements de manière à faire douter la victime de sa mémoire, de sa propre santé mentale, de ce qu’elle a vu/écouté/ressenti. Concrètement, cela passe par des petites affirmations insidieuses telles que “Ça ne s’est pas passé comme ça” “ Tu as tout imaginé” “Tu es fou/folle” , “Tu te fais passer pour une victime” … L’abuseur peut simplement nier avec un aplomb incroyable des faits qui se sont pourtant déroulés (comme si c’était la victime qui était folle), mais cela peut aller jusqu’à mettre en scène des événements étranges afin de désorienter la victime et de la faire réellement douter de sa santé mentale.

Il s’agit probablement d’une des formes de manipulation les plus pernicieuses, parce que cela va lentement éroder son sens de la réalité, faire perdre petit à petit sa capacité à croire en lui/elle-même et donc le/la conduire inexorablement à douter de lui/elle et de lui ôter cette légitimité de dénoncer qu’il/elle est victime d’abus mental, de violences psychologiques ou plus généralement de mauvais traitements.

Du point de vue psychologique, le  »gaslight » s’appuie sur ce qu’on appelle une dissonance cognitive, c’est-à-dire le conflit entre deux différentes informations, deux pensées contraires : “Puis-je vraiment faire confiance à ce que j’ai vécu ? Ou bien cette personne a-t-elle raison et c’est moi qui ai un problème ?” Pour résister à cela et contrer cet effet psychologique pervers, il est important de bien s’ancrer dans sa propre réalité : tenir un journal, écrire ce qu’il s’est réellement passé, parler avec un ami, une autre personne dominante, une autre personne soumise, un psychologue ou encore un réseau de soutien aux victimes d’abus mentaux. Avoir d’autres voix que la vôtre sur lesquelles s’appuyer constitue une arme efficace pour s’écarter de la réalité déformée qu’essaye dimposer un manipulateur.

2. La projection mentale (stratégie du bouc émissaire)

La projection est le mécanisme de défense des manipulateurs. C’est un trait distinctif de ces personnes : elles refusent catégoriquement d’admettre ou même de percevoir leurs propres défauts, sont incapables d’assumer leurs actes. Elles peuvent donc faire et dire tout et n’importe quoi pour éviter d’être tenues responsables. C’est là qu’entre en scène la projection mentale : la personne ayant un comportement négatif, plutôt que de l’admettre, va déplacer la responsabilité en les attribuant à quelqu’un d’autre. En gros, c’est comme si ce fardeau était trop dur à supporter, trop lourd à assumer pour elles, et qu’elles vous refilaient tout sur les bras en vous accusant ! C’est une réaction qui permet au manipulateur de se débarrasser de sa culpabilité et de sa honte inconsciente de lui-même. Il ne faut pas oublier que ces personnes sont souvent elles-mêmes malades.

La victime devient ainsi une sorte de bouc émissaire, de poupée expiatoire que le manipulateur utilise en l’accusant pour se décharger de ce poids. Ce dernier évite ainsi d’avoir à s’encombrer avec le sens des responsabilités et le sens de la morale, pour cela il aura besoin que sa victime prenne cette responsabilité sur elle et surtout qu’elle se sente bien coupable, qu’elle éprouve de la honte, pour se rassurer.

Concrètement, une personne avec une tendance mythomane va accuser l’autre de mentir et de travestir la réalité. Une personne dominante qui éprouve un sentiment pathologique de dépendance et de jalousie pourra accuser la personne soumise de trop s’accrocher à lui/elle et de l’étouffer. Il/elle pourra dire que la personne soumise est inefficace et qu’il/qu’elle ne sert à rien, pour justifier sa propre incompétence.

3. Dévier sans cesse la conversation par le biais de sophismes et d’arguments fallacieux

Parfois, on peut être tentés d’affronter les problèmes par le biais d’une conversation, afin de trouver une solution commune dans un esprit de compromis. C’est bien sûr le comportement idéal à avoir avec une personne “normale”, dans le cas d’un pervers narcissique ou autre manipulateur, il est parfois difficile de l’admettre, mais aucune vraie conversation ne pourra avoir lieu.

En effet, si on a le malheur de les attaquer, les manipulateurs utilisent des stratagèmes élaborés, employant des biais cognitifs, des sophismes et autres arguments à logique fallacieuse qui leur permettent de gagner sur tous les tableaux, dans tous les débats, d’avoir toujours le dernier mot — même en ayant tort (Argument ad hominem, faux dilemme). Ils feront tout pour discréditer, frustrer, désorienter jusqu’à ce que l’autre perde complètement de vue le problème initial. L’autre sera toujours à leurs yeux, la raison d’être de tous les problèmes.

Il n’y a qu’une seule solution, et elle est radicale : prendre conscience que les personnes dominantes toxiques ne se disputent pas avec nous, ils se disputent avec eux-mêmes tout en vous utilisant comme exutoire. Si l’on essaye de les raisonner, on leur donne du grain à moudre et l’on ne fait qu’empirer les choses. Il s’agit de se rendre compte que le problème ne vient pas de nous, mais bien de leur comportement.

4. Stratégie de l’épouvantail ou de l’homme de paille

La stratégie de l’homme de paille n’est pas seulement la spécialité des pervers narcissiques puisqu’elle est aussi très utilisée en politique. Il s’agit en fait de représenter de manière fausse ou d’exagérer de façon absurde les propres pensées et sentiments. En déformant ainsi ce qu’il dit d’une manière qui l’arrange, l’argument d’autrui devient plus facilement attaquable. La différence, c’est que les pervers narcissiques poussent le vice au point de faire passer l’autre pour une personne mauvaise, en la culpabilisant et en s’attaquant à ses émotions.

Exemple : si une personne soumise essaie de dire qu’il/elle n’est pas satisfait/e de la façon dont cette personne dominante toxique le/la traite, sa réaction sera de faire dire à la personne soumise ce qu’elle n’a pas dit : “Donc je suis une personne méchante, c’est ça que tu penses ?” ou encore “Oh, donc toi par contre tu es parfait, hein ?” alors que la personne soumise n’a fait qu’exprimer son sentiment légitime dans l’espoir de trouver une solution.

À terme, ce comportement finit par invalider totalement les droits à avoir et à exprimer des pensées ou des émotions, ce qui est évidemment gravissime. Pour ne rien arranger, cela instaure un sentiment de doute et de culpabilité permanente, à chaque fois que la personne soumise tentera d’exposer des limites et des bornes à ne pas franchir.

5. L’emploi de différentes formes de menaces et de chantage

Le problème avec les personnes dominantes toxiques, les manipulateurs mentaux et autres pervers narcissiques, c’est qu’ils vous menaceront sans cesse, vous prendront en otage sans (nécessairement) passer par la violence physique. C’est au final beaucoup plus traître et surtout, difficile à reconnaître comme une véritable forme de violence qu’une personne qui vous dirait “fais ça ou je te pète la tronche” . Ne pas se laisser faire. L’abus mental est une forme de violence bien réelle, que l’on a tendance malheureusement à reconnaître moins souvent. Ce n’est pas une violence physique, mais bien une violence psychologique. Contrairement à ce que certains veulent faire croire, le crédit à apporter à une violence psychologique est tout aussi important qu’une violence physique.

6. Le conditionnement destructeur

La personne dominante toxique peut conditionner très lentement une personne soumise afin qu’il/qu’elle finisse par associer mentalement toutes ses forces, ses talents, tous ses plus beaux souvenirs et tous ses moments heureux de sa vie avec la souffrance, la frustration, le malheur. Comment fait-elle cela ? En insinuant au quotidien, de manière tout à fait innocente, des attaques contre des qualités, des traits de caractère ou des choses que la personne soumise idéalise, qui la définissent ou que la personne soumise prend pour modèle. En plaçant ces associations cachées avec lui/elle, sans même que la personne soumise ne le remarque, la personne dominante toxique lentement et au fil du temps, apprend à la personne soumise à se haïr.

La personne dominante toxique ruinera ainsi les fêtes, les vacances, détruira les objectifs que la personne soumise s’était fixée. La personne dominante toxique éloignera la personne soumise de sa famille et de ses amis pour le/la rendre dépendant/e vis-à-vis de lui/d’elle. Et au final, par le biais d‘un réflexe quasiment pavlovien, le pervers narcissique “dressera” la personne soumise à rejeter ou à avoir peur de faire les choses qui rendaient sa vie agréable et enrichissante, il/elle dégoûtera progressivement la personne soumise de tout ce qu’il/qu’elle aime, tout cela pour qu’il/qu’elle reporte toute l’attention sur lui/elle.

En réalité, c’est qu’il/qu’elle a peur de tout ce que la personne soumise puisse aimer d’autre, à part lui/elle, et de tout ce qui peut se placer entre lui/elle et le contrôle qu’il/qu’elle cherche à exercer sur la personne soumise. Le bonheur de la personne soumise représente tout ce qu’il/qu’elle ne peut pas avoir, ce qu’il/qu’elle ne peut contrôler, il/elle cherche donc simplement à détruire, par jalousie ou bien pour mieux manipuler.

7. Les campagnes de rabaissement public

Si une personne dominante à tendance toxique ou manipulatrice ne parvient pas, en dépit de ses efforts, à modifier la manière dont la personne soumise se perçoit lui/elle-même, il/elle cherchera à contrôler et à changer la manière dont les autres personnes perçoivent la personne soumise. Par exemple, devant des témoins, il/elle peut changer subitement de comportement et se mettre à jouer les martyrs, de sorte que — ironie du sort — c’est la personne soumise qui passe pour la personne dominante toxique ! Cela peut aller loin, il/elle peut même finir par harceler les proches afin d’ ”exposer la vérité” au sujet de la personne soumise. Paradoxalement (mais pas tant que cela si on garde en tête le mécanisme de projection évoqué dans le point 2) , cette exposition lui permet de créer une façade pour cacher son propre comportement abusif, et surtout, pour discréditer la personne soumise automatiquement si il/elle tente de le dénoncer ou de parler aux proches de ce qui se passe !

Il s’agit en effet aussi d’une “frappe préventive” pour salir la réputation de la personne soumise auprès des seules personnes qui pourraient le/la soutenir et l’aider à lui faire face, afin de saboter le potentiel réseau d’aide. La personne soumise se sent ainsi seul/e, sans personne pour le/la croire ou l’appuyer. Si c’est le cas et que malheureusement pour la personne soumise le/la manipulateur/manipulatrice a déjà saboté l’entourage familial et affectif. Expliquer le problème à des professionnels qui connaissent ce genre de problème (et qui croiront aux récits) peut être le meilleur moyen d’obtenir des conseils avisés et personnalisés si la personne soumise se sent seul/e au monde.

8. La triangulation

Faire intervenir l’opinion (réelle ou supposée), la perspective voire la menace d’une tierce personne : voilà à quoi se résume le principe de la triangulation. Ce stratagème est le plus souvent utilisé pour valider le point de vue abusif de la personne dominante toxique tout en invalidant du même coup la réaction pourtant légitime de la victime (personne soumise) face à l’abus.

Les pervers narcissiques adorent par-dessus tout faire intervenir une voire plusieurs personnes de leur entourage personnel afin de provoquer la jalousie, l’incertitude. Ils peuvent également utiliser les opinions des autres pour valider leur point de vue.

C’est un réflexe humain, bien connu par les rhétoriciens : lors d’une discussion, celui qui parvient à s’attirer les faveurs du public ou des témoins de la scène a “gagné” la dispute, quelle que soit la qualité de son argumentation. Après tout, si tous les autres (qui sont dans la pièce) sont d’accord avec lui, cela doit vouloir dire que la personne soumise avait tort.

Pour se sortir de ce piège, il faut se rapeller que l’on a affaire avant tout à un MANIPULATEUR/MANIPULATRICE. C’est-à-dire que cette autre personne est probablement manipulée par lui/elle (peut-être même qu’il/qu’elle utilise l’autre aussi à l’insu de la personne soumise, pour trianguler cette autre personne, montant les deux l’un/e contre l’autre pour mieux contrôler les deux personnes !). Pas facile dans de tels cas de s’en sortir, si ce n’est de rompre la relation.

9. Le contrôle permanent des moindres petits aspects de la vie

Plus important que tout, les personnes dominantes toxiques adorent maintenir le contrôle sur autrui, et sont prêtes à tout pour obtenir et conserver ce contrôle, de quelle que manière que ce soit. C’est cette idée qui les obsède. Pour cela, ils/elles sont prêt(e)s à tout : isoler la personne soumise, établir un contrôle permanent sur ses finances, sur les personnes qu’il/qu’elle fréquente, ce qu’il/qu’elle lise, où qu’il/qu’elle aille… Il/elle cherche à gérer chaque facette de la vie et ne laissent aucun espace libre pour le développement personnel. Et pourtant, la tactique la plus puissante qu’il/qu’elle possède pour contrôler, c’est bel et bien de jouer avec les émotions de la personne soumise !

C’est pour mieux contrôler qu’il/qu’elle invente de toutes pièces des situations de conflit, afin de mieux déstabiliser et d’affaiblir. C’est pour mieux contrôler qu’il/qu’elle s’efface émotionnellement, pour mieux couvrir d’amour (BDSM ou vanille) et d’attention ensuite s’il/si elle sent qu’il/qu’elle est en train de perdre la main sur la personne soumise. Et c’est à cause de tout cela qu’il/qu’elle vacille sans cesse entre le vrai et le faux, et qu’il n’y aura jamais de stabilité psychologique ni aucune certitude pour savoir qui cette personne est réellement, ce qu’il/qu’elle ressent et ce qu’il/qu’elle pense.

Voilà, la liste est loin d’être exhaustive et de s’appliquer de manière générale à chaque individu, mais elle aura peut-être le mérite de donner un aperçu de ce qu’est une personne dominante toxique , et comment la combattre.

Tout le monde a compris que cette personne dominante est à éviter pour notre propre santé mentale.

Mais il faut faire attention car l’on rencontre aussi de telles personnes non pas en position dominante, mais en position soumise, ce qui est tout aussi dangereux.

Mind Playing et Mind Gaming

Ce n’est pas une douleur, mais ça va beaucoup plus loin que tous les jeux. Il faut bien connaître la personne soumise et être en bonne santé mentale, si l’on veut faire un Mind Playing (jeu d’esprit). Il faut avoir une grande maîtrise, sinon il y a un risque de rompre le jeu prématurément. Cela demande une très grande connexion.

Le Mind Playing travaille avec l’esprit et l’état d’esprit de la personne soumise. L’anticipation est très importante pour ce Mind. Tout cela se prépare. Ne jamais oublier que la personne soumise peut à tout moment fermer son esprit. Cela n’a absolument rien à voir avec toutes les formes de douleur physique.

L’humiliation, l’exhibition, les « Role » et «  Role Playing » (Fantasme du kidnapping, Fantasme du viol, Fétichisme de l’uniforme, Fantasmes médicaux, Pet Play, Maton/prisonnier, Enfermement, Chantage, Chasteté, Privation d’orgasme, Facesitting, Rubber Doll, Branding, Piercing, Adoration, Jeu d’enfant, Jeux de service, jeux d’ Uniforme (écolière, religieuse, marin…), etc.) peuvent être des formes de Mind Playing, tout comme se connecter ou la connexion entre le Top/bottom, D/s, M/s sont aussi des formes de Mind Playing.

Un grand nombre de chercheurs ont fait des études sur les formes de contrôle de l’esprit. Parmi eux, MT Singer définit six conditions qui sont simultanément présentes dans un programme de révision de la pensée:

  1. L‘obtention d’un contrôle important sur le temps et le contenu de la pensée d’un individu, généralement en prenant le contrôle des éléments majeurs de l’environnement social et physique de la personne ;

  2. Systématiquement créer un sentiment d’impuissance chez la personne ;

  3. Manipuler un système de récompenses, de punitions. et les expériences de manière à promouvoir l’apprentissage nouveau d’un système d’idéologie ou de croyances préconisées par la direction ;

  4. Manipuler un système de récompenses, de punitions et d’expériences de manière à inhiber un comportement observable qui reflète les valeurs et les routines de l’organisation de la vie que l’individu a affiché avant le contact avec le groupe ;

  5. Maintenir un système fermé de logique et une structure autoritaire dans l’organisation ;

  6. Maintenir un état non-éclairé existant dans le sujet.

Il faut parler de Mind Playing en terme de programme volontaire de réforme de la pensée admissible, réduit dans son étendue, où la personne soumise s’engage dans le processus avec une pleine conscience de ce que cela signifie : une « expérience d’exploration ».

Il faut faire attention car une expérience d’exploration de Mind Playng, peut facilement tourner en Mind Fucking. Un exemple : Une personne dominante demande à une personne soumise : « Je veux que tu me désobéisses maintenant ! ». Il est clair que la personne soumise ne peut pas obéir à cet ordre sans lui désobéir, et vice versa. C’est la « situation impossible » classique menée par une injonction paradoxale – c’est un ordre qui se refuse. La personne soumise dans cet exemple est simplement piégée dans une condition disqualifiant toutes ses tentatives – et donc sa propre perception d’elle-même. La seule issue possible est de commenter l’ordre lui-même et essayer d’expliquer à la personne dominante la raison pour laquelle elle ne peut lui obéir. Ce paradoxe apparaît comme une erreur. La personne dominante est parfaitement consciente de la situation dans laquelle elle met la personne soumise et ne lui permettra pas facilement de s’échapper en commentant l’ordre. Elle peut juste rire ou se moquer et noter à quel point la personne soumise est pathétique en ne respectant pas une tâche aussi simple. Ce qui est intéressant, c’est la façon dont une telle situation fonctionne dans l’esprit des gens, comme Pavlov l’a déjà démontré dans les années 30, un être placé et maintenu dans une situation impossible va développer une réaction névrotique comme réponse. C’est un problème de l’esprit, nous ne pouvons pas accepter de rester exposés à des situations impossibles, et y être maintenu là provoque à la fois des réactions conscientes et inconscientes de plus en plus.

Le Mind Playing n’est pas très différent du développement d’une relation Top/bottom, D/s ou M/s typique, ne sera différent d’un programme de réforme de la pensée que dans ses 3ème et 6ème points. Le processus ne signifie aucunement soutenir, entraîner une contrainte stable d’un changement de soi ou d’une perception extérieure : le Mind Playing est une exploration temporaire qui induit certain état d’esprit. Une relation Top/bottom, D/s ou M/s ne peut pas générer un processus qui conduit la personne bottom, soumise ou slave dans une réforme de sa pensée, remettant en cause ses croyances jusqu’à un point où le consensuel perdrait son sens. Il faut être sûr que la personne bottom, soumise ou slave est totalement informée de ces mécanismes et entre volontiers dans ce processus, la question devient alors jusqu’où on peut amener la personne bottom, soumise ou slave à s’identifier dans le «rôle» et oublier sa propre vie, ses opinions, ses espoirs, ses peurs etc. Dans une telle perspective, la personne bottom, soumise ou slave utilise la relation BDSM pour se réfugier, pour fuir sa propre réalité de vie – et tout cela peut fonctionner comme une psychothérapie.

Les processus de Mind Playing peuvent être très dangereux. On sait tous que chaque activité humaine, même plus simple, comporte des risques (voire l’article sur le RACK). Dans le BDSM, On peut décider d’explorer une variété d’expériences, de tests intenses ou difficiles, et si certaines pratiques impliquent également un stress physique intense, il peut y avoir un stress mental intense voire insupportable. Les dommages causés par une expérience d’exploration (Mind Playing) ne sont pas très fréquents, mais ils peuvent se produire. L’un des problèmes les plus fréquents étant provoqué par le fait que la personne soumise n’a pas toute sa conscience pour stopper cette expérience d’exploration (Mind Playing). Dans certain cas, une expérience d’exploration (Mind Playing) peut mener une relation à sa fin. La personne soumise sera bloquée, il/elle ne pourra plus jouer à tout autre jeu la personne dominante.

D’autres risques sont possibles si la personne dominante n’a pas assez de sensibilité pour détecter exactement ce qu’il se passe. Lorsque le Mind Playing est correctement fait, la personne soumise est vraiment et totalement vulnérable. La mentalité des êtres humains est basée sur certains schémas. Si l’on casse ces schémas, ils ne sont pas toujours faciles à reconstituer. Il n’existe pas de listes sur les blessures dans ce jeu BDSM, mais il existe beaucoup d’écrits sur le net sur les pressions mentales, sur la réflexion réformée et sur les techniques de lavage de cerveau. Les conséquences, effets les plus fréquents sont : les attaques d’anxiété, les problèmes respiratoires, parfois d’asthme, d’hyperventilation, etc. qui peuvent conduire les personnes soumises dans des situations critiques, y compris des évanouissements soudains. D’autres réactions ont été signalées comme des résultats de techniques de persuasion coercitive: Des psychoses affectives voire schizoïdes réactives peuvent se produire chez des personnes dont les familles ont des membres ayant des troubles affectifs. Parfois, les expériences mentales peuvent conduire à des troubles du stress post-traumatique. (voir la section 309.89 du DSM-III-R), les troubles dissociatifs atypiques. (voir la section 300.15 du DSM-III-R) ou l’anxiété induite par la relaxation. Toutes ces conséquences sont signalées. Par contre, par rapport à l’exposition à long terme aux programmes de réforme de la pensée. Nous n’avons aucun indice sur les effets à long terme du Mind Playing.

On ne peut que conseiller aux personnes qui souhaitent encore explorer ce domaine, de le faire avec une extrême prudence.

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