L’esclavage dans le BDSM

Note 1 : Dans le présent document, les termes employés pour désigner des personnes sont pris au sens générique, ils ont à la fois la valeur d’un féminin et d’un masculin.

Note 2 : Dans cet article, je vais essayer de vous parler de l’esclavage dans le BDSM selon mon point de vue.

Qu’est-ce que l’esclavage ? Comment le définir ? A-t-il évolué depuis Spartacus, depuis les plantations sucrières ?

Historique et définition de l’esclavage

La définition de l’esclavage utilisée par la Walk Free Foundation est très large. Elle recouvre des situations aussi variées que l’esclavage pour dette, le travail forcé, le mariage forcé, le trafic d’êtres humains, ou l’exploitation des enfants. Une variété à laquelle souscrivent les militants du Comité contre l’esclavage moderne créé en France en 1994 : ils définissent la “nouvelle servitude” qui frappe notre pays comme l’ensemble des pratiques telles que “l’esclavage domestique, les ateliers clandestins, la mendicité forcée, et la prostitution forcée” . Mais ces définitions ne sont pas consensuelles. Certains critiquent l’élargissement du concept d’esclavage à toutes les formes d’exploitation et de domination.

Il n’existe pas de définition consensuelle de l’esclavage ! D’un point de vue étymologique, le terme d’esclave viendrait de “slave”, cela en raison du grand nombre de slaves réduits en esclavage dans les Balkans pendant le haut Moyen-Age. L’école définissait l’esclave comme l’homme qui appartenait à un autre homme, qui faisait partie de son patrimoine. Dans les manuels scolaires des années 50, on pouvait lire : “on trouve des hommes qui étaient considérés comme de simples instruments de travail, comme des choses. C’étaient les esclaves. Privés de la liberté individuelle, ils étaient asservis à d’autres hommes qui pouvaient les louer ou les vendre, qui avaient sur eux droit de vie et de mort.

Dans l’Antiquité, à Rome, l’esclave est une chose, qu’un Maître possède, il peut être mis en gage, donné en usufruit, placé en dépôt, prêté… Il peut aussi faire l’objet de modifications physiques, par mutilation (y compris amputation, castration, circoncision), scarification, marquage et tatouage. Il peut aussi être mis à mort… Il est donc défini comme une chose, un objet, par contre contrairement aux objets,  un esclave à Rome avait parfois l’occasion de contracter avec des tiers (par exemple, s’il menait une activité de banquier), d’engager la responsabilité de son propriétaire, ou de servir de témoin lors de la signature de contrats de droit civil.

Orlando Patterson professeur à Harvard, le définit à partir du concept de “mort sociale” de la personne asservie. L’anthropologue et africaniste Claude Meillassoux y voit un mode de production économique. L’historien Moses Finley s’intéresse au rôle de l’esclavage dans la construction et la reproduction des sociétés, et distingue les sociétés à esclaves des cinq sociétés qu’il définit comme proprement esclavagistes (Rome et Athènes pour l’Antiquité, les États-Unis, le Brésil et les Caraïbes pour l’époque moderne). Enfin, plus récemment, l’anthropologue Alain Testart pense l’esclavage pour dette comme la dernière étape du processus qui consiste à céder sa fille en mariage contre de l’argent. Pour certains, la définition de l’esclavage se fait par la perte d’identité. On trouve aussi des formes d’esclavagisme comme la domesticité à vie. Pour P. Ismard : “on pense aujourd’hui l’esclavage comme une potentialité extrême au sein d’un gradient de situation de dépendances”.

On peut donc voir dans l’esclavage, une variété de pratiques de domination et d’exploitation qui portent atteinte à la dignité humaine.

L’esclavage dans le BDSM

Dans le BDSM, la forme d’esclavage est avant tout consensuelle sous la forme de domination et non sous la forme d’exploitation. Prendre une esclave, c’est s’engager dans une responsabilité, le Maître est responsable de son esclave. L’esclave est la propriété de son Maître, de ce fait , l’esclave s’engage aussi dans une responsabilité, celle d’obéir à son Maître, quelque soit sa demande !

Choisir d’être esclave, c’est prendre conscience que je perds mes droits d’être humain dans ma relation, je perds mon humanité, je deviens sa chose, son objet. C’est accepter de lui obéir aveuglément, de lui laisser tout pouvoir, on est bien là dans un TPE (Total Power Exchange). C’est accepter qu’il prenne soin de moi, qu’il me blesse, qu’il me loue, qu’il me vende ou qu’il me donne, qu’il fasse de moi ce qu’il veut. C’est être dans l’attente 24h/24, 7 jours sur 7, 365 jours par an… Dans l’attente qu’il me sollicite, qu’il ait besoin de moi.

Quant au fait de vouloir une esclave, de prendre une esclave, il faut bien comprendre que dans notre société, en France, en Europe, il y a des lois, et ces lois interdisent l’esclavage, toute forme d’esclavage, que ce soit BDSM ou autre. Les différentes formes d’esclavage aujourd’hui :

  • L’Esclavage traditionnel.
  • Les mariages forcés.
  • Le servage pour dette
  • Esclavage domestique :
  • L’esclavage des enfants :
  • Esclavage sous contrat.

A savoir aussi que L’article 223-1 du code pénal définit le risque causé à autrui par : “le fait d’exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente par la violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou de prudence”. A savoir que La mise en danger délibérée de la personne d’autrui se situe entre la faute intentionnelle et la faute non intentionnelle. Elle vise le cas d’une personne qui prend un risque de façon délibérée sans chercher néanmoins à provoquer un dommage (http://www.senat.fr/rap/l11-246/l11-2462.html).

Dans l’esclavage, y a-t-il de la place pour l’amour ? L’amour vanille ? Ou ne serait-ce pas plutôt l’amour de la servitude, l’amour de la dépendance ?

Je pense qu’il faut aussi faire la différence dans l’esclavage entre les personnes qui sont dans le gaming et ceux qui sont dans le playing. Peut-on être esclave épisodiquement ? Que veut dire : “ce soir, je veux bien être ton esclave” ? Peut-on être esclave sexuel ? Qu’est ce qu’une esclave sexuelle ?

En étant esclave, suis-je en droit de refuser quoique ce soit ? Existe-t-il une limite ? L’esclave est dépendante de la moindre demande, sollicitation, envie, désir… de son Maître, sans jamais pouvoir refuser ou dire “non”.

Prendre une esclave, ou accepter d’être esclave, c’est prendre conscience des enjeux ! Prendre conscience que l’on n’est plus dans un Je ou dans un jeu ! C’est un engagement sur du long terme ! un engagement dans la relation !

Une soumission ou une domination se construit sur des expériences de vie, se construit sur un passé. Notre passé nous pousse, et la soumission ou la domination nous attire. C’est notre histoire qui nous conduit vers la soumission ou vers la domination.

Quant à l’esclavage, ou à la volonté de prendre une esclave, ce choix se construit sur une soumission, sur des expériences de soumission ou sur une maîtrise de la domination. Pour maîtriser cela demande de la réflexion, de l’investissement, des expériences…

Mon ami, Paul Loucha (PonyGirl grand Ouest), lors d’une discussion m’a dit :

“Je parlerais des soumises et des esclaves réelles consentantes et non pas des joueurs ou ceux qui sont esclaves ou soumis le temps d’un moment. La différence entre une soumise et un esclave dépend de l’éducation que les personnes reçoivent du Maître.

La différence entre une soumise et une esclave est très simple.

La soumise est une personne qui demande à une autre personne de l’aider dans un (ou des) objectif qu’elle n’est pas capable de le réaliser seule. Avec cette personne (que l’on appelle le Maître) elle (la soumise) avance et elle évolue dans les objectifs que lui fixe son Maître qui l’emmène vers ses objectifs. Elle peut à tout moment interrompre la relation et faire autre chose voir allez vers un autre Maître. (en conséquence, c’est la soumise qui demande) La soumise est libre, c’est elle qui dit ce qu’elle veut. La soumise, elle est soumise pour elle même (personnelle) et elle a encore le choix.

Une esclave consentante est une personne qui n’a plus le choix. Elle est dépendante de son Maître et elle doit faire (travail) tout ce que son Maître désire. L’esclavage est un travail et elle n’est plus libre. L’esclave est au service de son Maître qui lui dit ce qu’il veut. L’esclavage, c’est un travail et non un loisir, elle n’a pas d’objectif ni d’envies. l’esclave n’es pas esclave pour elle même mais pour son Maître (pour l’autre). Il faut bien savoir que la personne qui devient esclave c’est après un noviciat par consentement et non par obligation. Cela ne peut se pratiquer que dans une relation D/s qui devient une relation D/e. Le Maître a tout les pouvoirs sur l’esclave, elle lui a donné sa vie privée et publique alors que la soumise garde une indépendance dans sa vie, dans ses choix relationnels ect.

Le point commun est que les 2 travaillent fort au plaisir de leurs Maîtres, elles le servent et font tout pour qu’il soit satisfait, la soumise le faire par plaisir alors que l’esclave le fait par devoir. La différence se fait par le mentale.”

Une esclave doit maîtriser parfaitement sa soumission avant de vouloir changer de posture, d’entrer dans l’esclavage. Comme m’a dit mon ami Paul Loucha (PonyGirl grand Ouest) : “Je parlerais des soumises et des esclaves réelles consentantes et non pas des joueurs ou ceux qui sont esclaves ou soumis le temps d’un moment. La différence entre une soumise et un esclave dépend de l’éducation que les personnes reçoivent du Maître … Le point commun est que les 2 travaillent fort au plaisir de leurs Maîtres, elles le servent et font tout pour qu’il soit satisfait, la soumise le faire par plaisir alors que l’esclave le fait par devoir. La différence se fait par le mentale.

Un esclavage, cela se mérite, tout comme prendre une esclave, cela se mérite également ! Comme dit Paul Loucha : “la différence se fait par le mentale“, l’esclavage est avant tout un état d’esprit, la pratique amène l’intensité dans la relation.

Pour l’esclave, c’est accepter de donner le pouvoir que l’on avait de soi, sur soi, pour soi à son Maître !

Quant au Maître c’est accepter aussi de perdre le pouvoir qu’il avait de soi, sur soi, pour soi à la relation qui l’unit à son esclave !


Source : Hélène  Frouard

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2 commentaires sur « L’esclavage dans le BDSM »

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