Éduquer, dresser au BDSM

Note : Dans le présent document, les termes employés pour désigner des personnes sont pris au sens générique; ils ont à la fois valeur d’un féminin et d’un masculin.

Hier encore, chacun avait sa réponse. J’ai lu hier, la réponse d’une personne sur un post de ma soumise sur FetLife, qu’il semble y avoir encore deux camps : pédagogues contre républicains, luttant chacun pour imposer sa méthode. D’un côté, la personne au centre, son intelligence, sa curiosité naturelle, son épanouissement ; de l’autre, l’autorité du Maître, la Discipline, l’Effort, le Mérite. 
Qui a raison, qui a tort ?

Différence entre éduquer et dresser

Beaucoup de personnes ont tendance à confondre le dressage et l’éducation, pourtant la différence est très net.

Le dressage vise à rendre la personne soumise utile comme : … Contrairement à l’éducation (Du latin ēdŭcāre, conduire hors de) qui vise à rendre la personne soumise civique (du mot latin civis, désigne le respect de l’individu pour la communauté dans laquelle il vit et de ses conventions, dont ses lois, normes, valeurs, principes) c’est à dire rendre la personne soumise capable d’évoluer, de se fondre dans la communauté BDSM, de comprendre, d’adopter, de respecter tous ses aspects, valeurs, principes, etc. Eduquer implique donc la connaissance des droits comme des devoirs vis-à-vis de la communauté BDSM. L’éducation passe par l’apprentissage du “vivre ensemble” et du respect d’autrui. Ce qui suppose d’être bienveillant à leur égard.

L’éducation, c’est l’apprentissage des codes, des valeurs et des principes avec la communauté BDSM, C’est socialiser la personne soumise dans un environnement BDSM.

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Dans le dressage, on recherche la performance, c’est un apprentissage à une ou des utilisations précises.

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Le dressage vise à créer de nouveaux automatismes chez la personne soumise. Le but de l’éducation est d’instaurer une relation harmonieuse dans l’environnement BDSM.

Principe de liberté ou principe d’éducabilité ?

De même, si l’on s’accorde volontiers sur la nécessité de construire, l’ “ individualisation” n’a pas le même sens pour ceux qui, d’un côté, veulent se caler sur les capacités innées des soumis(es), quitte à faire appel à la prédestination, et ceux qui, d’un autre côté, ne prennent en compte le donné qu’avec la conviction qu’il est toujours possible de le dépasser… Au total, il semble bien que l’éducation nouvelle ait mis en valeur des notions – l’activité, la motivation, le projet, le respect de la personne soumise, la coopération, la formation à la liberté BDSM – sans stabiliser des concepts : toutes ces notions renvoient, en effet, à des visions différentes de l’éducation et de la société, les unes empreintes d’un naturalisme vitaliste, les autres d’un volontarisme techniciste, les unes centrées sur une vision du développement très « endogène » (la personne soumise doit “s’épanouir” grâce à un environnement bienveillant), les autres rivées sur une conception très ”exogène” de ce même développement (qu’il faut organiser et ”gérer” , avec les “outils” adéquats).


On peut, bien évidemment, mettre cette contradiction au débit de l’éducation BDSM nouvelle et considérer qu’elle ruine sa crédibilité. Mais on peut aussi considérer que l’éducation BDSM nouvelle exprime ainsi la tension fondatrice de l’entreprise éducative entre le principe de liberté – “nul n’apprend et ne grandit à la place de quiconque” – et le principe d’éducabilité – “nous devons tout mettre en œuvre pour que la personne soumise puisse apprendre et grandir”. 



La bienveillance

Le concept de “bienveillance” est par exemple profondément marqué par les théories du care, développées au début des années 1980 par la psychologue et philosophe américaine Carol Gilligan. Selon ces théories, prendre soin les uns des autres, dans l’écoute et le respect, serait une activité caractéristique de l’espèce humaine (particulièrement féminine), confrontée à la nécessité de prendre en charge les individus vulnérables et dépendants comme les petits, les vieux, les malades. La bienveillance éducative répondrait alors à la vulnérabilité constitutive de la personne soumise.

Par ailleurs, l’idée d’une parentalité ou d’une éducation “positive” est une référence directe au courant de la “psychologie positive”, née aux Etats-Unis en 1998 sous l’impulsion du chercheur en psychologie Martin Seligman. Appliqué à l’éducation BDSM, ce principe invite à se détourner de la seule réprobation des transgressions pour aider la personne soumise à exprimer sa maîtrise jusque dans l’espace contraint des règles de la communauté BDSM.

La bienveillance éducative trouve enfin une inspiration dans les techniques de communication “non-violente” développées notamment par le psychologue Marshall Rosenberg à partir des années 1960. Inspirée à la fois de Gandhi et du concept “d’écoute active” du psychologue américain Carl Rogers, la communication non-violente entend éviter de se servir des mots comme des armes, comme c’est souvent le cas pour manifester ses désaccords et désapprobations. La communication non-violente invite à se départir des jugements négatifs et sollicite plutôt l’empathie.

En France notamment, l’éducation BDSM bienveillante semble aujourd’hui en passe de se démocratiser. On en veut pour preuve la tenue de groupe sur le net, sur FetLife, sur FaceBook, sur des tchats bienveillants, n’ont de cesse de défendre certaines valeurs telles que l’écoute de la soumise, le rejet des punitions basées sur la force ou l’humiliation, la tentative d’interdire les violences éducatives BDSM, la permissivité… Malheureusement comme le Yin et le Yang, il y a toujours cette recherche d’équilibre en tout, on ne peut pas créer une nouvelle forme éducative sans savoir qu’il y aura des revers, des contreparties, des personnes qui profiteront de cette nouvelle forme éducative à des fins personnels, à des fins manipulatrices. Dans le BDSM, le revers de cette éducation nouvelle est : l’assistanat, la permissivité et malheureusement la remise en question du dominant par la soumination.

Conclusion

Peut-on prôner l’éducation pédagogique  ou l’éducation républicaine ? Comme souvent la solution ne serait-ce pas de faire un mélange de ces deux éducations ? Utiliser l’une ou l’autre en fonction des circonstances ?

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1 commentaire sur « Éduquer, dresser au BDSM »

  • Je comprends tout à fait qu’il y a de l’éducation dans la relation Maître soumise. Ce que je ne cerne pas, c’est cette éducation, dans une vie vanille peut elle nous servir ? Je me pose la question.

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