La punition et l’humiliation

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Comme bon nombre des us et coutumes qui encadrent notre vie, les méthodes éducatives sont sujettes à la mode. Ainsi, pendant des siècles, il était normal ou du moins courant de punir les enfants pour leur forger le caractère et leur montrer la route à suivre. Mais depuis mai 1968, et son slogan « Il est interdit d’interdire » , il est devenu malséant de punir nos chers petits !

Il convient de s’entendre en premier lieu sur le terme punition : « Infliger un châtiment à la suite d’une faute » ou d’une action contraire à celle que l’on attendait. C’est-à-dire souligner le comportement inapproprié par un acte soit physique (châtiment corporel), soit moral (privation d’une réjouissance prévue). L’action punitive marque la désapprobation tout en rappelant les frontières qu’il ne doit pas franchir.

Aujourd’hui, le BDSM permet à certaines personnes de remettre à l’honneur les châtiments corporels, fessées ou autres martinets. Que faut-il en conclure ?

 

Jusque dans les années 1970, de la petite enfance jusqu’à six ans, âge de l’entrée à l’école primaire, les parents imposaient naturellement à leur progéniture des règles permettant à la famille de vivre dans une certaine harmonie ; et parfois, il était nécessaire de sévir pour y parvenir. Puis une permissivité issue des doctrines de la psychanalyste Françoise Dolto influença les méthodes éducatives. Contrarier un enfant, le gronder, le punir, furent considérés comme suspects, voire susceptibles de provoquer des troubles graves, aussi bien en milieu familial que dans le cadre scolaire.

Cette évolution eut un retentissement immédiat dans la vie quotidienne, où l’on vit fleurir des petits agités, trépignant, injuriant leurs congénères et ignorant le reste du monde. Si bien que les parents, interrogatifs, se mirent à douter de l’une et l’autre méthodes, certains se veulent permissifs. Ils optent pour le laisser-faire. L’enfant est au centre du quotidien familial. Sans contraintes ni limites, tout lui est dû. D’autres parents privilégient les explications et la discussion, comme pour se faire pardonner leurs attitudes contraignantes. Chaque interdit est donc soumis à l’approbation enfantine, démontrée, presque mise au vote. La famille se repaît d’interminables bavardages, destinés à justifier à longueur de temps la demande. Enfin, quelques parents utilisent les punitions non négociables, voire les châtiments corporels.

La méthode permissive sans limites a l’inconvénient de permettre à l’anxiété et à l’insécurité de s’installer. L’omnipotence généralisée le fragilisera dès qu’il sera confronté au monde extérieur. C’est alors la vie qui se chargera de le « gifler » . À l’adolescence, le manque de limites l’empêchera de se prendre en charge et de se responsabiliser.

Le marchandage et le recours au consensus continuel s’adaptent aux personnes soumises dociles ; mais lorsque les soumis sont dans la provocation, dans la soumination on assiste alors à des raisonnements retors, des chicanes interminables, préludes à l’échec de la méthode. Quant à la rigidité totale assortie de punitions douloureuses, elle entrave évidemment l’épanouissement de la personne soumise, elle n’accepte plus les punitions, ou sanctions. La personne soumise peut accepter sa punition ou sanction tant qu’elle sentira que c’est un jeu, et qu’il en garde le contrôle, la maîtrise. Mais dans ce cas, elle est contre productive, elle pose la relation dans une soumination, ou la personne dominante perd de sa crédibilité aux yeux d’autrui, puis cette soumination atteint l’ « estime de soi » de la personne dominante.

La soumination atteint la morale des individus.

Toute socialisation morale a pour objectif de transmettre aux individus les normes et valeurs qui structurent une culture, et de conduire à leur acceptation et leur intériorisation. Le bénéficiaire embrasse alors ces normes avec un sentiment de liberté, et il s’emploie à les inculquer à autrui. Espérant inscrire de façon durable les normes morales en l’individu, les systèmes sociaux développent une multitude de dispositifs de surveillance et de sanctions, la morale chez l’individu résulte de la crainte du châtiment et du désir d’être aimé.

Le comportement est contrôlé par les conséquences qu’il produit sur son auteur. Ainsi, l’environnement pourrait modeler les personnes soumises et modifier leurs comportements.

Quand une sanction est inéluctable et immédiate, son efficacité est meilleure. Il a été  démontré que la punition a des effets positifs à court terme seulement si elle est administrée de façon prévisible (autrement dit, la personne soumise qui enfreint une règle ou envisage de le faire sait à quoi s’attendre) et légitimée par des normes que la plupart des membres de la communauté acceptent.

Au contraire, si la légitimité d’une sanction n’est pas reconnue, les effets peuvent être contre-productifs. En outre, une punition est efficace si elle est appliquée rapidement. Quand un certain temps s’écoule entre un acte et la punition ou sanction, un sentiment d’inadéquation ou d’injustice peut apparaître.

Dans un autre registre, tout aussi polémique, les recherches sur les punitions corporelles telles les fessées montrent que leur efficacité se limite le plus souvent à une soumission immédiate. Les autres conséquences sont en général délétères. Une méta-analyse incluant 88 études menées entre 1938 et 2000 par Elizabeth Gershoff, de l’Université du Texas, a montré que les châtiments corporels augmentent l’agressivité, la délinquance, les conduites abusives, et le risque d’être soi-même victime de violence.

S’il est incontestable que les sanctions sont susceptibles de produire une soumission aux normes, notamment quand leur application est inéluctable et immédiate, la morale implique précisément que ces normes s’imposent même en l’absence de renforcements. Voilà donc la limite des récompenses et des punitions : elles peuvent se révéler localement efficaces, mais ne contribuent pas à l’apprentissage à long terme des normes morales, car l’encouragement ou l’inhibition qu’elles favorisent s’évanouit souvent en leur absence. L’idée selon laquelle les comportements moraux seraient profondément influencés par la crainte des sanctions ou l’attente de récompenses est sujette à caution.

En revanche, les conséquences sociales et relationnelles des transgressions modifient bien les actions. Nous apprenons à respecter les normes morales, car nous recherchons des « partenaires » et craignons l’exclusion. L’importance d’une sanction peut certes indiquer à un individu respectueux des lois « l’échelle de gravité » de la communauté où il est, mais s’il s’abstient de transgresser une loi, ce n’est pas parce qu’il anticipe la sanction. Le respect des normes provient des conséquences sociales qui en résultent, et non des bénéfices matériels qui en découlent. Les sanctions jouent un rôle important et durable dans le processus de moralisation lorsqu’elles favorisent l’ancrage dans les groupes. Sans cette condition, leurs effets sont superficiels et temporaires. D’autres leviers semblent cependant plus importants et peut-être moins douloureux dans l’itinéraire moral, parmi lesquels l’imitation et l’apprentissage par observation.

Quand est-il de la honte ?

La honte n’est pas seulement un sentiment négatif destructeur. La honte est parfois source de remords et de comportements positifs, visant à réparer ses erreurs et à changer.

Humilier publiquement une personne soumise fauteuse de troubles pour la décourager de toute récidive n’est pas nouveau, la honte constitue une punition parmi d’autres. Il semblerait que provoquer la honte n’est sans doute pas la meilleure option, car elle est souvent source de réactions contre-productives, comme l’évitement ou l’agressivité, et de mal-être.

La honte est parfois bénéfique, provoquant des changements positifs comme la coopération ou le désir de réparation. La honte et son alter ego : « la culpabilité » , sont deux sentiments négatifs associés à un mauvais comportement. Tandis que la culpabilité dépend d’une action, la honte est liée au « soi » . L’image négative collée à ce sentiment est évidente : être considéré comme une mauvaise personne soumise est pire que de reconnaître un acte inapproprié. Se faire humilier publiquement affecte non seulement l’estime de soi mais aussi le respect qu’on nous accorde.

Lors d’un acte de soumination, l’humiliation publique est acceptée, lorsqu’elle est contrôlée par la personne soumise, dans ce cas-là, elle n’affecte pas négativement l’estime de soi, mais au contraire elle la renforce, renforçant par la même occasion le narcissisme, la manipulation, l’égo, la soumination chez la personne soumise.

La personne soumise dans la soumination n’assume pas la responsabilité de ce qu’elle produit, de ses transgressions, de sa désobéissance.

Conclusion :

La soumission est l’acte de se soumettre, c’est la capacité à donner, à offrir l’acte décisionnel à la personne dominante choisie.
La soumination, c’est décider de se soumettre, tout en gardant le contrôle et la maitrise de sa soumission, c’est utiliser la personne dominante, ainsi que la relation à des fins personnelles, pour répondre à ses propres besoins.

La domination est l’acte de dominer, c’est la capacité à décider pour la personne soumise choisie.
La doumination, c’est décider de dominer, tout en laissant le contrôle et la maîtrise de la relation à la personne souminatrice choisie.

Dans une relation BDSM, si il n’y a pas de pratiques sous forme d’ « éducation anglaise » , je ne pense pas que la punition ou sanction mise à part, l’ignorance, le silence, ou la fin d’une relation soit d’une grande utilité. La relation est consensuelle, à partir de là, chacun (soum comme Dom) doivent maîtriser leur posture. La communication, l’information seront plus productives et plus formatrices dans l’évolution et l’embellissement de la relation.

Lorsque la personne soumise est dans une recherche de lâcher-prise, de ne plus contrôler et maîtriser la relation, lorsqu’elle fait le choix de s’en remettre totalement à la personne dominante choisie, la punition, la sanction va exciter neurologiquement son « centre de la récompense » , elle aura donc du plaisir dans sa soumission, elle sera satisfaite.

Dans une « éducation anglaise », je pense que la punition, l’humiliation peuvent être productives, peuvent servir la relation, lorsque la personne soumise délègue le contrôle, la gestion, la maîtrise de la punition, ou de l’humiliation à la personne dominante choisie. Lorsque la personne soumise accepte et assume les conséquences et les effets de ses comportements, attitudes, actes, mots… et s’en remet totalement à l’appréciation et à la réparation réfléchie, décidée par la personne dominante choisie.

 
 
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1 commentaire sur « La punition et l’humiliation »

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