La domination, la soumission et la corde active

Note 1 : Dans le présent document, les termes employés pour désigner des personnes sont pris au sens générique, ils ont à la fois la valeur d’un féminin et d’un masculin.

Note 2 : Dans cet article, je vais essayer de vous parler de la domination, la soumission et la corde active selon mon point de vue.

Nietsche a dit : “L’Homme est le seul animal capable de faire des promesses” avait-il tort ?

Lors d’une discussion avec un couple d’amis BDSM dernièrement, nous sommes arrivés à débattre de  deux bonnes questions, questions que nous pensons que toutes personnes dans le BDSM cherchant à se mettre en relation BDSM devraient se poser :

  1. Du point de vue de la personne soumise : pourquoi voulez-vous tenir ma laisse ?
  2. Du point de vue de la personne dominante : pourquoi veux-tu mon collier ?

On pourrait se poser les mêmes questions dans les cordes :

  1. Du point de vue de la personne encordée : pourquoi veux-tu m’encorder ?
  2. Du point de vue de la personne encordeur : pourquoi veux-tu que je t’encorde ?

Lorsqu’une personne ne peut pas répondre à une de ces questions, peut-être faut-il qu’il réfléchisse davantage sur sa motivation, ses intentions, sa compréhension et sa réflexion sur la relation, sur le BDSM et sur la corde ?

Si vous désirez avoir une relation BDSM (avoir le collier d’une personne dominante, tenir la laisse d’une personne soumise), si vous voulez aller dans les cordes, êtes-vous ou avez-vous posé la bonne question ou les bonnes questions ? Souvent j’entends autour de moi des personnes répondre par l’affirmative, mais lorsqu’on leur demande les réponses ou les questions posées, souvent c’est le flou total, souvent c’est un “blanc” que l’on obtient, voire même : “c’est intime, je ne veux pas en parler”. En réalité, c’est une fuite, ils ne savent pas répondre…

Doit-on en déduire qu’ils/qu’elles sont plus en recherche de jeux ou d’épisodes BDSM que de vie BDSM ? Certaines personnes oui, d’autres non.

Le secret d’une relation épanouie et durable se forge, se fonde sur des valeurs durables et profondes.

On ne peut pas s’appuyer sur les bonnes questions pour connaître la profondeur d’une intention, mais on doit s’appuyer sur les réponses !

Pouvons-nous nous appuyer sur des réponses subjectives et/ou émotionnelles ?
Pouvons-nous nous appuyer sur des réponses objectives et/ou émotionnelles ?

Existent-ils des bonnes réponses ? Les réponses doivent-elles être universelles, c’est-à-dire valables quelque soit la personne ?

Dans mon article, est-il intéressant que je donne des pistes de réflexion sur les possibilités de réponse ou est-ce à chacun de faire cette réflexion afin de trouver ses réponses afin de sortir de l’universalité des réponses ?

L’engagement dans la relation

Je pense que si l’on se trouve dans une domination passive ou dans une soumission passive, il y a une très forte chance que la relation ne soit pas durable. Comment être actif dans sa relation ? Déjà, il me semble important d’être dans une observation active.

Les observations sont pertinentes pour étudier des comportements, des attitudes ou des interactions. L’observation permet d‘accéder directement aux faits. On distingue deux modes d’observation :

  • l’observation active : il s’agit d’une immersion dans les activités de la relation. L’objectif est de décrire, de comprendre et donc de vivre la relation. La prise de notes peut s’avérer intéressant et sera en principe différée ;
  • l’observation passive : la personne garde une certaine distance. Il ne prend que peu la parole et participe passivement aux activités. Il ne vit pas la relation, il l’a subi. Ce sera souvent une personne qui ne comprendra pas tout ce qu’il se passe, une personne qui critiquera souvent, qui aura tendance à se mettre facilement dans la victimisation. Elle évoluera peu.

Le bdsmcentrisme

Le problème de l’observation, c’est qu’elle peut révéler en la personne qui observe un ethnocentrisme. C’est-à-dire une tendance à  répudier toutes les manifestations culturelles et les comportements éloignés de ceux auxquels la personne s’identifie.  Claude Lévi-Strauss précise que cette attitude de rejet est ancrée au plus profond de nous et réapparaît chaque fois que nous sommes placés dans des  situations dérangeantes de perte de repères.

Cette attitude individuelle  est de tout temps. Dans notre société judéo-chrétienne, tout ce qui sort de l’habitus (voir Bourdieu) est tabou. On retrouve même cette ethnocentricité chez certaines personnes dans le monde BDSM, qui pensent que tout ceux qui ne connaissent pas le BDSM sont “sauvages” et  donc, dans la mesure du possible,  à civiliser… Des personnes qui se sentent investis d’une mission divine, celle de civiliser toutes personnes qui sont marqués d’inculture du BDSM. L’ethnocentrisme est un préjugé qui consiste à rejeter  hors de la culture, dans la nature, tout ce qui est étranger à une culture privilégiée (voir Claude Lévi-Strauss). Claude Lévi-Strauss dit dans “les enfants sauvages” : “Le barbare, c’est d’abord celui qui croit à la barbarie”  et il risque d’être d’autant plus cruel avec l’autre, qu’il ne le reconnaîtra pas comme un homme à part entière, un semblable au-delà de la variété  des systèmes culturels.

L’ethnocentrisme dans le BDSM que je nomme personnellement le “bdsmcentrisme”, consiste à se sentir investi d’une mission divine, celle de transmettre la culture BDSM à toutes personnes qui sont ou qui seraient marqués d’inculture du BDSM.

Pour être capable d’avoir une observation active, il faut donc sortir du relativisme culturel, c’est-à-dire du sens et de la valeur de nos croyances, de nos certitudes et de nos comportements qui n’ont comme référence absolue que ce qui est compris et analysé du point de vue de notre culture (génétique et épigénétique), de notre vécu et de nos lectures sur les réseaux sociaux. En sortant du relativisme culturel, il faut faire attention à ne pas glisser, se diriger vers le bdsmcentrisme.

Conclusion

Avant de s’engager dans une relation à long terme dans le BDSM, se poser la question suivante : du point de vue de la personne soumise : pourquoi voulez-vous tenir ma laisse ? Du point de vue de la personne dominante : pourquoi veux-tu mon collier ?

Il faut se diriger vers une domination ou une soumission active, en utilisant une observation active et faire attention à ne pas tomber dans une observation passive.

Ne pas se méprendre, être actif ne veut pas dire s’occuper des autres, de ce que font les autres…

Ne pas entrer dans un relativisme culturel, et surtout ne pas glisser vers le bdsmcentrisme.

Il faut faire la différence entre partager ses connaissances, ses expériences et être investi d’une mission divine…

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3 commentaires sur « La domination, la soumission et la corde active »

  • Article particulier…qui permettrait d’échanger des nuits entières…sourires….Selon moi, chaque personne fait son jugement en fonction de ses propres règles et valeurs. Meme si nous sommes tous différents, meme en restant à notre place, nous appartenons tous à la meme espèce, c’est à dire l’humain. Il semble que nous n’avons d’autres points de vue de LA vérité et LA raison que l’exemple et idée des opinions des usages selon nos expériences. Pour moi, le barbare est celui qui ne sait pas reconnaitre l’humanité de l’autre…préférant se baser sur un jugement, des ont dits, des apparences, aimant etre entouré de personnes hypocrites par facilité de leur répondre, d’où l’attitude d’une personne qui consiste à juger les autres en fonction de ses idées en oubliant LA tolérance….L’égocentrisme aussi a une part importante je crois…Selon moi, pour qu’une relation BDSM soit fiable et durable le mot clé est LE respect…parfois, je remarque que certains couples restent ensemble pour ne pas etre seuls ou rester dans leurs conforts, la peur de la solitude, la peur du quand dira t on…le paraitre….ou manipulent à leurs intérêts personnels..revent d’un(e) autre à ses cotés…est ce ca LA réalité, LA vraie vie? …Peut on se regarder dans un miroir dans ce cas la?..c’est que j’apelle des sauvages…des personnes attirées par des artifices et détournées de l’ordre commun…Mais ou est se trouve La bonne conscience? …Pour moi, une relation sincère et durable c’est une relation qui se vit tous les jours car rien n’est acquis…et tout passe par la communication…se poser les bonnes questions pour avancer dans la meme direction…..chacun à sa place en respectant le protocole et les valeurs de chacun…etre traité comme on aimerait etre traité…ce n’est que mon avis personnel…

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