Le travail de respiration diaphragmatique dans le BDSM ou dans les cordes

Note : Dans le présent document, les termes employés pour désigner des personnes sont pris au sens générique; ils ont à la fois valeur d’un féminin et d’un masculin.

Dans une société de plus en plus stressante et anxiogène et pour ceux et celles qui souffrent d’état de stress ou d’anxiété dans une scène BDSM ou de cordes ou simplement pour lutter avec la douleur et non contre la douleur, il est très important de comprendre l’impact des états de stress et d’anxiété du BDSM ou des cordes sur le corps et le cerveau, et surtout comment les atténuer ou s’en débarrasser. Le travail de respiration diaphragmatique apporte une aide précieuse.

Le pouvoir du souffle sur nos émotions peut être utilisé pour notre bien-être ! L’abondance d’informations respiratoires qui remontent au cerveau a une conséquence fondamentale : il est très facile de « défiltrer » ces informations, simplement par la pensée. Autrement dit, en se concentrant sur sa respiration, on peut accéder à toutes sortes de sensations associées : on perçoit l’air qui passe dans le nez, on l’entend s’engouffrer en nous, on sent les poumons et le ventre se gonfler… Cette faculté forme la base de la plupart des exercices respiratoires prônés par le yoga, la méditation et toutes les autres interventions corps-esprit.

Le stress

C’est au docteur Hans Seyle que nous devons le terme de « stress » dans le domaine de la santé (1946). Il le définit comme la réponse non spécifique du corps à toute demande qui lui est adressée. En d’autres termes, il s’agit d’une préparation générale de l’organisme pour l’aider à faire face aux sollicitations de l’environnement. Ainsi depuis la nuit des temps notre survie est principalement liée à notre faculté d’adaptation au stress. Le stress permet donc de survivre ou de réaliser quelque chose en dehors de nos habitudes, de nos routines. Puis passer la phase de l’action, le corps peut progressivement récupérer et s’adapter.

Cependant le stress d’aujourd’hui n’a jamais été aussi aigu, permanent et multifactoriel dans toute l’histoire de l’homme. De nos jours, les stimulations sont trop nombreuses et trop intenses, les demandes faites à l’organisme trop exigeantes: rythme de vie, compétition inter-individu, environnement dénaturé (béton, bruit, éclairage artificiel, pollution) et l’excès de stimulation mentale et cognitive (médias, smart phone, réseaux sociaux, internet), excès de pratique sportive sont des éléments stressants pour l’ensemble de notre corps. Résultat, la majorité des gens ne parviennent plus à s’y adapter et déclarent se sentir stressés, anxieux et fatigués de façon chronique. Si à cela vous rajoutez du stress dans une scène BDSM ou dans une corde, je vous laisse imaginer ce que doit vivre votre personne soumise ou encordée.

Le stress, physique, émotionnel, chimique, infectieux et électromagnétique, élève les taux de certaines hormones et de nombreuses substances inflammatoires. Une surcharge amplifie nos émotions, altère la physiologie de nos organes, perturbe notre intégrité biologique et bouleverse notre équilibre physiologique jusqu’à nous rendre malades à plus ou moins long terme.

Pour faire face à une situation stressante, le corps possède une communication finement orchestrée entre certaines zones du cerveau (hypothalamus et glandes pituitaires (hypophyse)) et les glandes surrénales. C’est ce que l’on appelle l’axe HPA en anglais ou en francais axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS).

En cas de stress réel ou d’une situation que l’organisme perçoit comme stressante pour son équilibre physique ou émotionnel, le cerveau envoie des signaux immédiats aux glandes surrénales. En une fraction de seconde, les glandes surrénales inondent le corps d’hormones comme l’adrénaline, la noradrénaline et le cortisol dont la tâche est de fournir au corps l’énergie nécessaire pour combattre le danger ou fuir rapidement, les muscles se tendent et la respiration s’accélère. C’est le « coup de sang » que nous avons tous ressentie dans diverses situations stressantes: compétition, montée sur scène ou prise de parole en public, premier rendez-vous professionnel ou amoureux, bagarres, altercation ou agressions verbales ou écrites (avec les réseaux sociaux), attentats…etc.

L’action principale de ces hormones est de faire monter le niveau de sucre et de graisse dans le sang afin de fournir de l’énergie au corps pour survivre.

Lorsque nous subissons un stress quelconque, ce dernier va être géré par le cerveau émotionnel et plus précisément par l amygdale qui est le siège de la peur.

Tout stress physique, émotionnel vont agir sur l’amygdale et sur les circuits de la peur qu’elle entretient avec les autres zones du cerveau et façonner des circuits de peur conditionnée afin d’éviter à nouveau le stress ou y réagir plus vite.

L’amygdale va réagir et faire sécréter via l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) et le système nerveux sympathique des hormones de stress tels le cortisol et la noradrénaline qui vont quant à elles accélérer le rythme cardiaque, la respiration et les tensions musculaires dans tout le corps. L’objectif principal est de préparer le corps à l action ou à la fuite. Lors d’un stress, les zones pré-frontales ou intelligentes sont quant à elles totalement éteintes, car réfléchir retarderait les effets de survie.

La respiration diaphragmatique

De la même façon que le cerveau peut influencer négativement le corps, la tension de la musculature ou encore la respiration, on peut influencer positivement et calmer le cerveau émotionnel avec un travail sur la respiration et le relâchement des tensions musculaires musculaire.

Le travail de la respiration diaphragmatique va d’une part faciliter le relâchement des tensions des muscles autour du cou, de la nuque et de la cage thoracique ou encore du psoas. L’ensemble de ces muscles étant hyper actif lorsque le réflexe de flexion est enclenché et le système sympathique dominant.

Comment faire ?

En respirant profondément en inspirant par le nez et en gonflant le ventre puis en soufflant longuement en cherchant à faire baisser les côtes. Se focaliser sur un relâchement de ses épaules.

Très schématiquement, cet exercice vise à obtenir deux types de résultat : d’une part, une respiration consciemment perçue et contrôlée ; d’autre part, une respiration plus lente, plus ample, plus régulière. La respiration contrôlée exerce un réel effet apaisant.

Comment agissent-ils ? Plusieurs mécanismes, sans doute combinés, seraient en cause. Le premier est démontré de longue date : une respiration lente et profonde stimule le système dit parasympathique, qui apaise l’organisme. En effet, les poumons et les bronches sont dotés de multiples récepteurs nerveux, captant notamment l’ampleur de leur étirement. Ces récepteurs sont connectés au système parasympathique et leur activation intense provoque la mise en jeu de ce dernier, avec un effet inhibiteur destiné à éviter que l’appareil respiratoire ne s’abîme en se gonflant trop. Cet effet inhibiteur s’étend aux pulsations cardiaques, qui ralentissent, et agit également sur certains centres cérébraux des émotions. Au final, il se traduit par un effet relaxant.

La respiration diaphragmatique active davantage le système parasympathique. Plusieurs raisons à cela :

  • Par exemple, parce qu’une inspiration diaphragmatique gonfle davantage les lobes inférieurs des poumons, qui sont bien plus grands que les lobes supérieurs ; elle active donc davantage de récepteurs pulmonaires, d’où une plus grande stimulation du nerf vague. En outre, elle comprime le contenu abdominal, abondamment innervé par ce nerf, qui peut donc s’activer encore davantage.
  • Un second mécanisme tient à la focalisation des ressources cérébrales sur la respiration. C’est une façon de s’extraire du monde extérieur et de mettre à distance des éléments préoccupants ou stressants. Savoir que l’on respire et agir consciemment sur son souffle donne peut-être aussi un sentiment de contrôle réconfortant – la perte de contrôle est en effet particulièrement anxiogène, comme on le voit dans le contexte des problèmes respiratoires.

Toute une série de travaux récents laissent également penser que ces exercices agissent directement sur le cerveau. En 2018, Jose Herrero, de l’institut Feinstein de recherche médicale, à New York, et ses collègues ont par exemple montré que lorsqu’on prête attention au souffle, des régions qui n’étaient pas synchronisées sur la respiration le deviennent ; c’est le cas du cortex cingulaire antérieur, une zone impliquée dans la conscience de soi.

À plus long terme, les exercices respiratoires peuvent modifier durablement l’organisation et le fonctionnement de certains circuits cérébraux, au travers de mécanismes de neuroplasticité. Ce terme désigne la capacité du cerveau à se modifier tout au long de la vie, par exemple lors d’un apprentissage.

L’insula (source de nos émotions, le siège de notre empathie et le coffre de notre intuition) deviendrait ainsi moins réactive et déclencherait moins facilement du stress et de l’anxiété dans les situations difficile. Un peu comme ce qu’on observe chez certains athlètes adeptes des efforts extrêmes.

Reste que par le biais du contrôle volontaire, la respiration nous offre un puissant moyen d’influer sur l’état psychologique comme sur l’état physiologique, la douleur va reculer, une “bulle” ou “sphère” va se générer petit à petit autour de vous, pour grossir, pour vous emporter dans un subspace. Par un autre biais aussi, d’ailleurs : voir ou entendre quelqu’un respirer calmement est apaisant, rassurant.

Vous n’avez alors qu’à vous laisser bercer par le souffle de votre dominant, maître ou encordeur ; en quelques minutes, vous devriez sentir votre stress refluer, les douleurs vont diminuer, ce qui vous ouvrira la porte d’un lâcher-prise…

 


Quelques précisions sur différents termes

Hypothalamus

L’hypothalamus est une petite région située au cœur du cerveau, qui sert de pont entre le système nerveux autonome et le système endocrinien. Il est en effet impliqué dans la régulation de grandes fonctions comme la faim, la soif, le sommeil ou la température corporelle. Il est aussi impliqué dans le comportement sexuel et les émotions.

Ses fonctions endocrines (sécrétion de neurohormones) entraînent la régulation de la fonction endocrine de l’hypophyse, la glande située dessous.

Les hormones sécrétées par l’hypothalamus ont toutes, ou presque, une influence sur la production des hormones hypophysaires :

  • la dopamine inhibe la production de prolactine ;
  • l’hormone thyréotrope (TRH) stimule la production de thyréostimuline (TSH) ;
  • la somatocrinine (GH-RH) permet la libération de l’hormone de croissance somatotrophine (STH) ;
  • la somatostatine (GH-RIH) inhibe le largage de la STH ;
  • la gonadolibérine (ou GnRH) est responsable de la synthèse et de la sécrétion de la FSH et de la LH (hormones) ;
  • la corticolibérine (CRH) favorise la production d’hormone corticotrope (ACTH) ;
  • l’ocytocine (impliquée dans les contractions utérines, la lactation et l’attachement) et la vasopressine (une hormone antidiurétique) sont synthétisées par l’hypothalamus mais libérées par l’hypophyse dans la circulation sanguine.

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Glandes surrénales

Si vous ne connaissez pas l’expression “sauve qui peut”, vos glandes surrénales, elles, la connaissent très bien. Ces dernières sont responsables de tenir votre corps en alerte lorsque celui-ci est sous attaque ou a la perception d’être en danger. C’est à ce moment que l’hypothalamus, la glande pituitaire et les glandes surrénales se mettent en action. Le processus est le suivant: l’hypothalamus envoie un message à la glande pituitaire qui à son tour envoie un message aux glandes surrénales: nous sommes en état de stress. Les surrénales produisent à l’instant les hormones cortisol et épinéphrine (ou adrénaline) qui elles augmentent notre taux de glycémie, notre rythme cardiaque et notre pression sanguine. En quelques secondes seulement, notre corps est prêt à affronter le stress imminent: le fameux “sauve qui peut”.

Il est l’un des mécanismes de défense les plus efficaces du corps humain et était d’une importance capitale lorsqu’il s’agissait d’affronter un prédateur redoutable ou d’aller chasser le mammouth pour le souper du soir. On parlait alors de stress occasionnel. De nos jours, nos vies actives et surchargées nous placent malheureusement en état de “survie” de façon régulière ce qui maintient nos trois organes cités précédemment en production constante de cortisol et d’adrénaline ce qui conduit à l’épuisement de nos glandes surrénales.

Dans les cas de stress occasionnel, comme notre fameuse chasse au mammouth, les glandes peuvent facilement rebâtir leurs stocks de cholesterol et de progesterone nécessaires à la fabrication de cortisol et d’adrénaline mais, en état de stress prolongé, les glandes s’appauvrissent et s’épuisent. C’est cet épuisement qui est responsable d’une foule de symptômes souvent diagnostiqués incorrectement.

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Glande pituitaire ou hypophyse

Un aspect fascinant de cette glande est l’importance avec laquelle elle se connecte avec notre environnement. Sur la base de toute l’information qu’elle reçoit de nos sens et du thalamus, elle libère une série d’hormones avec laquelle parvenir à nous ajuster à mieux réagir aux demandes extérieures.

  • La glande pituitaire ou hypophyse facilite la connexion sociale et nous aide à réagir face aux dangers.
  • Elle favorise la libération d’ocytocine afin de renforcer notre lien avec nos partenaires, nos enfants, etc.
  • Elle stimule la libération d’hormones surrénales afin que nous puissions mieux supporter le stress.
  • La glande pituitaire travaille en plus en association avec l’hypothalamus.
  • La glande pituitaire influence d’ailleurs ce dernier qui est en lien direct avec nos émotions et notre mémoire.
  • Ainsi et grâce à cette union, ce que nous pensons et percevons au travers des sens se traduit par un état émotionnel.

D’autre part, il est également important de souligner l’implication de cette glande dans différents processus biologiques :

  • La glande pituitaire régule le métabolisme.
  • Elle stimule l’hormone stimulante (FSH) et l’hormone lutéinisante (LH) qui libèrent œstrogènes, testostérones et progestérone.
  • On sait aussi qu’elle stimule la prolactine, nécessaire à la production de lait.
  • Elle intervient également dans la production des mélanocytes afin de prendre soin de la pigmentation de notre peau.
  • Elle stimule l’hormone de croissance et le développement humain.

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Le nerf vague

Les fibres motrices, sensitives et végétatives du nerf pneumogastrique jouent un rôle dans de nombreuses fonctions vitales de l’organisme et en particulier la fréquence cardiaque et des sécrétions digestives.

Le nerf pneumogastrique est moteur pour le voile du palais et le pharynx. Il est sensitif pour le larynx, le pharynx, l’épiglotte, le voile du palais et la base de langue. Il joue aussi un rôle qui est qualifié d’autonome par le biais d’une sécrétion d’acétylcholine. La stimulation du nerf pneumogastrique entraîne en effet la sécrétion de cette substance chimique qui joue un rôle de médiateur entre les neurones (neuromédiateur). L’acétylcholine ralentit la fréquence des battements cardiaques, diminue le calibre des bronches, renforce la contraction des muscles lisses du tube digestif et augmente la sécrétion de salive et de sucs digestifs.

Une lésion du nerf pneumogastrique peut se traduire par une baisse du rythme cardiaque (bradycardie), une tendance aux syncopes et à l’anxiété, une diminution du calibre des pupilles (myosis), une transpiration excessive des membres, une sécrétion accrue de salive, des spasmes musculaires, des épisodes de diarrhées ou de troubles de a respiration ou des malaises vagaux.

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Source :
http://www.jneurosci.org
https://www.cerveauetpsycho.fr
https://nospensees.fr/
https://vitacru.com/
https://www.christophe-carrio.com
http://sante.lefigaro.fr

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