L’effet Dunning-Kruger dans le BDSM ou dans les cordes

Note 1 : Dans le présent document, les termes employés pour désigner des personnes sont pris au sens générique, ils ont à la fois la valeur d’un féminin et d’un masculin.

Note 2 : Dans cet article, je vais essayer de vous parler de l’effet de l‘effet Dunning-Kruger dans le BDSM ou dans les cordes selon mon point de vue.

L’ignorance engendre plus souvent la confiance que ne le fait la connaissance.” Charles Darwin – 1809- 1892

L’incompétent se présente toujours comme expert, le cruel comme pitoyable, le pécheur comme dévot, l’usurier comme bienfaiteur, l’arrogant comme humble, le vulgaire comme distingué et l’abruti comme intellectuel.” Carlos Ruiz Zafón – Le Jeu de l’ange, 2008

L’effet Dunning-Kruger est un biais intellectuel qui pousse les personnes incompétentes à surestimer leurs capacités, et les empêche de se rendre compte de leurs erreurs ou leur manque de compétences dans certains domaines. D’un autre côté, nous retrouvons aussi des personnes très compétentes qui tendent à sous-estimer leurs capacités, en pensant que les autres sont plus doués qu’elles.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce biais n’est pas dû à de la vantardise chez ces personnes, mais simplement à une mauvaise estimation de leurs propres capacités.

Ceux qui sont atteint de ce effet auront, sans s’en rendre compte, une illusion de supériorité en évaluant leur propre compétence au-dessus de la moyenne.

Ce biais a des répercussions énormes dans beaucoup de domaines. Et notamment là où il est le plus visible, c’est dans le monde du BDSM ou des cordes, et bien évidemment dans les médias.

En étant dupe sur le niveau d’expériences, de connaissances, de capacités et de compétences des individus avec qui on communique ou avec qui on pratique (à cause de l’effet de halo notamment (voire plus bas)), une personne dominante, soumise, un encordée ou un encordeur peut vite aller à l’erreur, à l’incident ou l’accident car une fois que l’incompétence de ces nouvelles personnes sera révélée, ils refuseront de se former, de se remettre en question pour devenir compétent, persuadés de savoir ce qu’ils font ou qu’ils ont raison.

Un autre problème bien plus grave, est que leur propre incompétence ne leur permettra pas de reconnaître la compétence chez les autres. Ainsi, ils seront incapables de savoir si cet autrui qui pointe du doigt leurs erreurs est plus compétent qu’eux, ce qui les poussera à remettre en question leur légitimité.

Beaucoup d’individus sont très doués pour se mettre en valeur. Ils tendent aussi à s’attribuer les mérites d’une autre personne car ils n’ont aucun scrupule à prétendre être ou avoir fait. Cela arrive parce qu’ils n’ont pas conscience de leurs limites, de leurs compétences, de leurs capacités.


À l’inverse, des personnes qui pratiquent fréquemment tendent à être modestes et réservés sur leur valeur, sur leurs connaissances, compétences. Ils ne chercheront pas à montrer la qualité de leur savoir et savoir- faire.


Les personnes non-qualifiées, non-compétentes continuent de progresser sur l’échelle sociale BDSM en se mentant à eux-mêmes et aux autres sur leurs propres capacités, compétences ou connaissances, tandis que ceux qui ont les compétences pour exécuter leurs pratiques sont laissés pour compte, et sont même humiliés, dénigrés et des moments même agressés.

Bien des individus surévalués sont présents dans les réseaux sociaux, ou des munchs, à cause de cet effet. D’un côté cela ne valorise pas les pratiques bien faites, la réflexion, ce qui peut pousser à ceux qui disposent de réelles compétences à ne plus en faire autant, donc à s’isoler en quittant les réseaux sociaux, voire les évènements BDSM, ce qui a dans le temps l’effet et la conséquence de laisser se développer le “n’importe quoi” , ce qui conduira inévitablement à l’augmentation des incidents et accidents.

Beaucoup d’individus sur les réseaux sociaux voire même dans le monde réel pensent qu’en ayant suffisamment d’expérience et de lecture dans le BDSM ou des cordes fait d’eux des experts, ce qui est tout simplement faux. Même si vous êtes un expert dans un domaine, vous pouvez rester “aveugle” à certains éléments qui pourraient tout faire basculer.

Les personnes qui refusent d’aller en soirée, d’offrir leurs scènes, cordes aux regards, ils sont les seuls à estimer leur pratique, leur capacité, leur compétence dans un domaine, ils auront souvent tendance à se surestimer. Pire encore, lorsque des conséquences négatives leur reviennent à la figure, ils se justifiront en pointant du doigt des éléments extérieurs, sans jamais se remettre en question.

Seul parfois le regard des autres sur nos pratiques permet de revenir à la réalité (si l’on n’est pas trop borné bien sûr). Hélas bien souvent cela ne suffit pas, et ils restent là à barboter dans leur médiocrité. Pourquoi vouloir s’améliorer ou se former, pourquoi aller demander conseils, si l’on pense savoir tout ce qu’il y a à savoir ?

Se croire infaillible est bien entendu la porte ouverte à la déconvenue, parce que cette croyance est complètement déconnectée de la réalité, personne n’est à l’abri de l’erreur ou de l’échec. 

Le principe de l’effet de Halo

Imaginez cette scène dans une soirée BDSM : Juste devant vous se dresse un être habillé tout en noir avec une attitude dominante, baignant dans un léger halo de lumière. Quelle opinion auriez-vous de cette personne ? Auriez-vous l’impression d’être en face d’un vanille ? Bien sûr que non. Pourquoi ? Parce l’habit fait le moine, et qu’involontairement vous jugez cette personne à la lumière de cet halo.

Cette image est en réalité le nom d’un effet psychologique très connu, appelé l’effet de halo. Aujourd’hui, nous savons que cet effet agit sur tous.

L’effet de halo est un biais cognitif, c’est-à-dire une erreur de raisonnement à laquelle nous nous attachons, même lorsque tout porte à croire que nous avons tort de penser ainsi. Et ce biais agit immédiatement dès que nous rencontrons une nouvelle personne. Dès que nous commençons à former notre première impression d’elle, l’effet de halo se produit et devient alors comme des œillères qui nous empêchent de voir la vérité en face.

Parce qu’une fois que nous avons l’impression qu’une personne est expérimentée dans notre esprit, nous supposerons alors que tous ses autres traits de personnalité sont également positifs. Une fois que nous pensons que cette personne est expérimenté, toutes les preuves du contraire, tous ses défauts deviennent invisibles à nos yeux. Nous jugeons bien souvent les livres à leur couverture.

Le premier psychologue à identifier cet effet fut Edward Thorndike. Il a présenté sa théorie de l’effet de halo en 1920 dans un article qu’il a nommé “L’erreur constante dans les évaluations psychologiques”. Dans cet article, il dit avoir remarqué qu’un seul trait de caractère positif chez une personne pouvait influencer le jugement des autres, et les pousser à croire que cette personne disposait d’autres qualités.

Il faut garder à l’esprit que l’effet de halo est un biais cognitif, et comme tous les biais cognitifs, il nous influence inconsciemment. Nous ne choisissons pas de juger favorablement ou défavorablement telle ou telle bdsmiste, encordeur ou encordée. Cela se fait automatiquement à travers ce que perçoit votre inconscient.

N’oublions pas que la première expérience que nous vivrons sera un filtre qui nous fera interpréter toutes les actions d’autrui sous un mauvais jour, peu importe les efforts pour nous démontrer le contraire.

L’effet de halo et l’attractivité

L’apparence physique ou dans les réseaux sociaux, la première lecture, est la première chose que nous voyons chez les autres. Et très souvent, nous utilisons ce que nous voyons pour construire notre première impression des personnes que nous rencontrons réellement ou virtuellement, même si nous ne savons rien d’elles. C’est ce qui se produit aussi lors des fameux “coups de foudre” entre deux inconnus.

Nous n’avons aucune idée de son caractère, de sa personnalité, de ses compétences, capacités. Pourtant, nous nous sentons à l’aise, ou en colère en repensant à cette personne, car nous avons construit un large éventail de jugements positifs ou négatifs à son égard, en fonction de votre première impression liée à son apparence.

On pourrait définir l’effet de halo par : Ce qui est beau est bien, pour résumer l’influence de ce biais.


Source : Adam Fartassi

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