Pourquoi donc souffrir protocole, étiquette et autres règles de bienséance apparemment surannés ? texte de Magnificat

Texte dans lequel je me retrouve bien dedans, copié sur fetlife de Magnificat :

La suave tension d’une atmosphère subtilement électrique et excitante, la beauté d’une organisation qui prouve le sérieux et l’implication sincère de tous les participants, l’ambiance chargée d’un mystère enchanteur et envoûtant, cela ne suffit pas ? Soit.

Approfondissons, dès lors, les raisons, plus que jamais d’actualité, de faire revivre les vieilles lunes du passé. Revenons en arrière, au début de notre histoire.

Oui, vous avez bien lu : “notre histoire”. Afin, de ne pas oublier, que tous les pratiquants du BDSM tel qu’il existe et se pratique aujourd’hui, au-delà de leurs caractéristiques, de leurs différences, de leurs oppositions, obédiences etc. s’inscrivent tous dans le prolongement de ceux qui les devancèrent, possèdent une histoire commune et sont, qu’ils le veillent ou non, intimement liés entre eux.

Ainsi, loin des polémiques, très loin des divisions stériles, il convient de ne jamais oublier que nous sommes tous des personnes irrémédiablement hors normes, liées par une pratique qui, dans ses formes extrêmes, est contraignante, sérieuse et dangereuse (c’est là une des raisons qui poussent certains à ne pas apprécier l’emploi du terme “jeu” pour désigner les échanges entre partenaires).

Nous avons, librement, choisi un chemin différent, profondément éloigné de la consensualité, une voie qui fait de nous une communauté particulière, celle qui endosse des responsabilités et des risques immenses, celle qui évolue, par nature, dans l’underground, l’anticonformisme, une forme d’atypisme.

Force est de constater, malheureusement, que certaines personnes qui pratiquent régulièrement et depuis de nombreuses années ont tendance à oublier un point fondamental inhérent à nos activités : assumer avec force et parfois courage les conséquences de ses actes ne revient pas à pouvoir les nier, nier leurs possibles conséquences et implications.

L’habitude, comme dans toute discipline, peut faire oublier l’essentiel : non, être pratiquant BDSM n’égale pas la pratique d’un sport ou d’un loisir commun !

Les conséquences de nos actes peuvent être dramatiques (risques de dérapages, de suicide, de maladies, de mort dans l’accomplissement de pratiques particulièrement extrêmes telle que l’asphyxiophilie par exemple).

Il est certainement important et bon de rappeler, avec constance, qu’il est du devoir de tout pratiquant responsable de ne jamais laisser à penser aux débutants que les risques sont absents, que tout le monde peut se lancer dans toutes les pratiques en apprenant “sur le tas”, ou que la pratique du BDSM est simplement le prolongement naturel du libertinage.

Non, le BDSM ne devrait pas être perçu comme une mode.
Non, tout le monde n’est pas destiné, par essence, à un jour pratiquer le BDSM.

La pratique BDSM trouve notamment sa source dans une passion, une envie, un besoin, une pulsion, un déséquilibre. Elle trouve sa force dans une discipline, une rigueur et un respect de l’autre qui jamais ne souffre de pouvoir être léger dans la pratique.

Nous vivons dans une société d’images et de consommation c’est un fait. Que le BDSM évolue, se transforme et suive le mouvement de son époque est, qu’on le veuille ou non, logique. Tout changement apporte son lot de points positifs et négatifs, il en va ainsi de tous les domaines de l’existence, il est bon de le savoir et de l’accepter. Mais le BDSM ne pourra jamais être tout entier contenu dans une mode superficielle.

Que les pratiques évoquées dans “50 Nuances de Grey” puissent être acceptées par la société, le grand public, être considérées comme étant tendances, que la pub et la mode s’emparent du cuir, de latex etc. passe encore mais il serait dangereux et profondément illusoire de penser que les pratiques plus poussées deviendront un jour communément admises par la majorité des personnes et par la société tout entière et qu’elles sont sans enjeux, risques ou dangers.

L’Evolution se cache parfois sous l’hypocrite manteau de la Révolution mais ce n’est là qu’un leurre.

Certes, les temps ne furent pas toujours aussi libéraux en ce qui concerne l’acceptation des différentes mœurs, orientations et pratiques sexuelles que celui que nous connaissons actuellement mais ne soyons pas aveugles en pensant le Nirvana BDSM atteint.

Si le monde a été le témoin de changements positifs considérables (Edouard II d’Angleterre ou Oscar WIlde seraient certainement fort heureusement surpris des différences de traitement relatives à la condition d’homosexuel) on peut toujours aller en prison à cause de pratiques BDSM.

Il y a de cela à peine quelques décennies, la pratique du sadomasochisme, une fois dévoilée et portée au grand jour, détruisait totalement la vie sociale d’un individu (perte d’emploi, demande de divorce avec impossibilité de pouvoir obtenir la garde de son enfant, exclusion de la famille etc.) et c’est encore en grande partie le cas aujourd’hui ne nous y trompons pas.

Oui mais revenons à nos moutons me direz-vous.
Justement, nous y sommes vous répondrais-je !

Par le passé, nos ancêtres pratiquants durent, afin de conserver famille, amis et position sociale, s’organiser, protéger le cadre de leur pratique en formant des Cercles qui possédaient dans leur fonctionnement de puissantes sécurités (nom de code, alias, systèmes de parrainage pour entrer dans l’entité etc.)

Ceux-ci trouvèrent leurs origines “modernes” au XIXème siècle, en même temps que les Clubs et les Loges avec lesquels ils partagent des similitudes.

Dans les cérémonials, à l’origine, se trouvait un sens profond.

Les Cercles réunissant des personnes qui partageaient ensemble une passion, une philosophie, et été confrontés aux mêmes importants risques. Ils avaient pour but d’asseoir des règles permettant de structurer et de protéger un groupe, une famille d’humains s’étant choisi et souhaitant pouvoir aller le plus loin possible dans leurs accomplissements.

A l’instar des compagnonnages, ils avaient pour but de transmettre des savoirs, des compétences, d’être des lieux de partages et d’échanges, d’entraides.

Ils étaient parfois fondés sur une philosophie de l’existence et portaient dans leur ADN un peu de la sagesse des écoles de pensées de la Grèce antique, une vision du monde et de la vie. Ils avaient pour ambition de former des esprits libres, de briser les chaines factices qui maintiennent les Hommes en esclavage dans la vie classique.

Comme jadis, les Maîtres avaient des élèves et transmettaient leurs connaissances. Puis, les élèves devenaient Maîtres à leur tour et le savoir accumulé se trouvait, ainsi, accru et transmis, de générations en générations.

Le protocole, les rituels, étaient là notamment pour rappeler les anciens, leur rendre un respectueux hommage et saluer leur héritage dans un lien transgénérationnel emprunt de respect pour le travail des origines.

Le protocole et l’étiquette étaient utiles car ils avaient, bien évidemment, un sens et permettaient d’encadrer, plus aisément, certaines pratiques, d’assurer plus facilement leur réalisation, leur sécurité.

Une des finalités était également de rendre la pratique plus excitante car le partage de codes accroît le sens et aiguise les sens.

Alors, certes, cela peut sembler stupide et ridicule mais, à franchement parler, à quoi ressemble les soirées de personnes qui ne partagent jamais aucun protocole, aucune étiquette ou si peu que cela ne peut se comptabiliser ?

A un simple rassemblement de personnes qui n’arrivent pas à avoir ce que pourtant elles recherchent : une unité, un sentiment d’appartenance et de partage, l’intense plaisir de ressentir du sens, une passion commune.

C’est un fait, souvent, les personnes qui souhaitent respecter un protocole sont un peu considérées comme étant des personnes superficielles, sont évaluées comme des pratiquants de surface qui n’entrent jamais dans le dur, c’est normalement tout le contraire !

Car si tout a du sens, le protocole, l’étiquette, les rituels etc. permettent de réaliser ce que leur absence interdit.

Comment organiser un véritable marché aux esclaves si les Maîtres et les esclaves ne savent plus la philosophie, le sens et la finalité de leurs parcours respectifs ? Si personne ne sait comment concrètement cela se met en place, quels en sont les limites, la durée etc. ?

Doit-on seulement se contenter de simulacres, de faux marchés où Maîtres et soumises s’observent en osant pas aller bien loin de peur d’aller trop loin ?

Combien de fois avez-vous vécu une soirée qui ressemble à celle que Kubrick décrivait dans Eyes Wide Shut (une soirée avec une vraie cérémonie d’ouverture et de fermeture où chacun sait quoi faire, comment se comporter) ?

Les rituels élégamment organisés ne vous ont-ils jamais fait envie ? N’avez-vous jamais voulu, ne serait qu’une seule fois, participer à un de ceux-ci ?

Imaginez à quoi pourrait ressembler une cérémonie de mariage, un pose de collier dans un tel cadre, structuré, organisé et dynamique !

Combien de fois, avez-vous assisté à des soirées d’où se dégageaient une réelle beauté, une atmosphère particulière, enthousiasmante, enivrante, une forme de magie ?

Pourquoi donc les esclaves porteraient-ils/elles des colliers si aucun code ne méritait d’exister ?

Peut-être le temps est-il tout simplement venu de faire naître un nouveau Royaume, un lieu où protocole, étiquette, bienséance et règles retrouveraient une place, serait expliqués et appris à celles et ceux désireux de constituer une famille humaine fondée sur la vérité et la sincérité.

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